Le paradoxe du transfert d’argent en Afrique par rapport au reste du monde
Crédit photo: Le Parisien

Le paradoxe du transfert d’argent en Afrique par rapport au reste du monde

L’Afrique fait face à des frais de transfert de fonds les plus élevés au monde. Envoyer de l’argent en Afrique coûte deux fois plus cher que dans n’importe quelle autre partie du monde. En conséquence de ces frais surélevés, le continent perd environ 1,9 milliard de dollars par an. En 2018, par exemple, 45 milliards de dollars ont été envoyés en Afrique subsaharienne à un coût moyen de 9,3% selon la Banque mondiale, le coût moyen mondial étant de 7%. Ce paradoxe avait été qualifié de « super racket » par l’ancien Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan.

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Implications pour les diasporas Africaines et leurs proches sur le continent

Les membres de la diaspora africaine qui travaillent très dur pour envoyer des modestes sommes d’argent à leurs proches sur le continent, paient des frais excessifs pour effectuer ce transfert. Pour leurs amis et leurs familles en Afrique, l’argent qui devrait se retrouver dans leurs poches, dans leurs comptes bancaires ou mobile money, est plutôt siphonné par une série d’intermédiaires du système de bancaire et du secteur des opérateurs de transfert de fonds.

Au final, c’est une véritable perte d’argent. Ces ressources pourraient pourtant être orientées vers des investissements dans l’éducation, dans les dépenses de santé, dans l’amélioration de la nutrition, ou encore dans l’investissement dans les PMEs. 

Selon l’African Progress Panel, en réduisant ces pertes, il aurait été possible de:

  • Financer l’éducation de base 15 millions d’enfants par an,
  • Fournir un accès à une eau potable à 21 millions de personnes par an, ou
  • Améliorer les conditions sanitaires pour 8 millions de personnes par an.

Il y a donc des pertes énormes dans le système actuel, avec un enjeu socio-économique majeur, d’autant plus que le poids de ces transferts dans le PIB des économies Africaines est significatif: allant de 5% pour le Nigéria jusqu’à environ 30% pour le Libéria!

Tentative d’explication du niveau surélevé de frais

Le principal facteur de ces frais surélevés est fondamentalement le fait que l’Afrique est un marché non concurrentiel. Il n’y a que 2 sociétés qui contrôlent environ 66% de tous les transferts d’argent en Afrique. C’est un très haut degré de concentration du marché. Par ailleurs, la situation est aggravée par le fait que ces deux sociétés auraient ce qu’elles appellent des «accords d’exclusivité» avec leurs partenaires. Il s’agit d’un contrat à usage unique avec des banques et des agents stipulant qu’une fois que vous travaillez avec X ou Y, vous ne pouvez plus travailler avec d’autres concurrents. Cela élève la barrière à l’entrée sur le marché.

La réglementation financière pose également des problèmes en Afrique, car certains gouvernements insistent souvent pour que les versements de fonds s’effectuent par l’intermédiaire des banques. Or les banques africaines ont souvent des tarifs élevés.

Ce qui pourrait être fait

Il serait grand temps que les régulateurs des pays d’envoi de fonds instruisent des enquêtes sur les activités des principaux opérateurs de transfert de fonds. Cela inclut la Réserve fédérale américaine, la Financial Conduct Authority au Royaume-Uni ou l’Autorité des Marchés Financiers en France. Le marché étant fortement concentré, il est précisément soumis à des pratiques commerciales restrictives sur lesquelles il convient d’enquêter.

Dans une autre perspective, plus de transparence est nécessaire. Très peu de diasporas africaines envoyant de l’argent chez elles ont une idée des frais qu’elles paient par le biais de la conversion de devises. Les régulateurs devraient insister sur la publication complète des frais de conversion en devises. Cela correspond en fait à ce qui se passe déjà aux États-Unis dans le cadre de la loi dite Dodd Frank qui y a été introduite.

En outre, les gouvernements africains devraient révoquer ces accords d’exclusivité liant les banques et les agents aux différents opérateurs de transfert de technologie afin de favoriser une concurrence accrue. Ils devraient également favoriser l’intégration d’institutions de microfinance, ou de modèles innovant basés sur le mobile money et la blockchain, dans les circuits de transfert d’argent en Afrique.

La vision de Kamix

Vivre loin de ses proches peut être difficile. Chez Kamix, nous pensons que leur envoyer de l’argent ne devrait pas l’être. La technologie de la Blockchain a fait ses preuves en matière de transfert de fonds à un coût minimal, avec un haut niveau de sécurité et de rapidité. En l’associant aux technologies mobile money, nous sommes convaincus que les résultats constitueront une avancée majeure sur le marché du transfert d’argent en Afrique. Cela permettrait de stimuler le marché et favoriser un impact social significatif, ce qui est la raison d’être de Kamix en tant qu’entreprise prônant le capitalisme social.

Porté par les migrations internationales, le marché des envois de fonds en Afrique se développe à un taux de croissance annuel moyen de 4,2%. Cela signifie que plus de ressources seront éventuellement perdues par les communautés africaines en statu quo. 

Nous nous sommes engagés à rendre leur argent aux Africains par le biais d’un modèle commercial plus inclusif et bienveillant, d’autant plus que la fiabilisation des données financières collectées dans la blockchain pourrait permettre de débloquer le marché du crédit en Afrique, qui souffre d’un déficit de plus de 100 milliards de dollars selon la Banque Mondiale.

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Sources

Overseas Development Institute, Africa Progress Panel, Banque Mondiale