Voici les fondements théoriques de la crise des devises en zone CEMAC

Voici les fondements théoriques de la crise des devises en zone CEMAC

La Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) traverse une crise des devises qui semble atteindre son paroxysme. Ainsi la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) a adopté une nouvelle règlementation des changes qui est critiquée par certains opérateurs économiques. Au delà des spéculations sur les causes de cette situation, il existe bel et bien une approche d’analyse plus scientifique: c’est le principe d’incompatibilité de Mundell.

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Introduction au triangle d’incompatibilité de Mundell

Dans les années 1960, Robert Alexander Mundell et John Marcus Fleming théorisent un principe économique selon lequel il est impossible pour une économie nationale, dans un contexte international, d’atteindre simultanément 3 objectifs économiques représentés par les sommets du triangle ci-dessus: 

  • Un taux de change fixe;
  • Une politique monétaire souveraine;
  • Une libre circulation des capitaux (libre entrée, libre sortie (LELS)).

Un taux de change fixe est favorable au commerce extérieur dans le mesure où il offre un environnement monétaire stable.

Une politique monétaire souveraine est avantagieuse dans la mesure où elle permet de fixer librement les taux d’intérêt en fonction des besoins de l’économie nationale. Cela permet en effet de mieux agir contre l’inflation et le chômage.

Une libre circulation des capitaux est bénéfique pour les échanges, ainsi que pour optimiser l’allocation de fonds. Elle permet donc d’accéder aux capitaux dans les meilleurs conditions possibles.

Comprendre le triangle de Mundell

Supposons par exemple, que le taux d’intérêt mondial est de 4%. Si une banque centrale nationale décide de fixer le taux d’intérêt à un niveau inférieur, par exemple 2%, cela entraînera une pression de dépréciation sur la monnaie nationale.

En effet les investisseurs rationnels voudront vendre leur monnaie nationale à faible rendement et acheter des devises étrangères à plus fort rendement.

Par conséquent, si la banque centrale tient à conserver une libre circulation des capitaux, elle sera obligée de vendre ses réserves de devises étrangères. Puisque celles-ci sont limitées, lorsqu’elles seront épuisées, la monnaie nationale se verra alors nécessairement dépréciée.

Ainsi, il est mécaniquement impossible pour une banque centrale de poursuivre simultanément ces 3 objectifs. Un compromis doit absolument être fait pour éviter une crise économique.

Les 3 options possibles pour une banque centrale

En considérant le diagrame ci-dessus, l’on peut constater graphiquement qu’il existe 3 options pour une banque centrale, correspondant chacune à un côté du triangle:

  • L’option A: l’union monétaire. Le régime de change est fixe et la circulation des capitaux est libre. En contrepartie, le taux d’intérêt ne peut plus être contrôlé;
  • L’option B: le contrôle des capitaux. Le taux de change est fixe et le taux d’intérêt est maîtrisé. En contrepartie, les capitaux ne peuvent pas circuler librement;
  • L’option C: les changes flottants. Le taux d’intérêt est maîtrisé et la circulation des capitaux est libre. En contrepartie, le taux de change ne peut pas être fixe.

Les implications mécaniques en zone CEMAC

La stratégie de politique monétaire de la BEAC précise que la Convention régissant l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) et les Statuts de la BEAC confèrent à l’Institut d’Emission commun les pouvoirs de formulation et de mise en œuvre de la politique monétaire dans le cadre général des dispositions de la Zone Franc.

En effet, le régime de change des six pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale repose sur quatre principes de base :

  • une parité fixe entre le franc CFA (franc de la Coopération Financière en Afrique Centrale) et l’euro ;
  • une convertibilité du franc CFA garantie par la France ;
  • une liberté totale des transferts entre les pays de la Zone Franc ;
  • et, la mise en commun des réserves de change.

Il semblerait donc que la BEAC essaie, en plus de maintenir un taux de change fixe du CFA par rapport à l’euro, de mener une politique monétaire souveraine, en fixant les taux d’intérêt nécessaires pour stimuler l’économie de la sous-région.

En considérant le principe de Mundell, un contrôle des capitaux s’impose mécaniquement. En particulier, compte tenu de la performance économique de la sous-région, ce contrôle semble mettre une contrainte sur la sortie des capitaux, comme expliqué dans un rapport du FMI.

S’il est clair et indiscutable qu’un contrôle des capitaux est absolument nécessaire et bien fondé pour éviter une crise et une dévaluation du FCFA (XAF), il est intéressant d’en déduire les conséquences sur l’attractivité de la sous-région pour les investissements étrangers, qui ne pourront donc être que des investissements à long terme, le temps que la situation économique se stabilise.

La solution de Kamix

Kamix a développé un modèle économique innovant basé sur la technologie blockchain afin de venir en aide aux opérateurs économiques affectés par la situation de contrôle des capitaux.

Le modèle économique de Kamix  reste 100% conforme à cette situation qui s’impose de manière absolument nécessaire pour éviter le pire, grâce à la vigilance de la BEAC.

Dans ce modèle, il n’y a aucune sortie de devises. Néanmoins les opérateurs économiques peuvent régler leurs fournisseurs à l’étranger ou rapatrier leurs profits sans risque, de manière simple et économique, et dans des délais de l’ordre de 72h. Et surtout, sans violer aucune règle de contrôle des capitaux!

En fin de compte, le modèle rassure et encourage les investissements étrangers qui créent un flux entrant des devises tant recherchées en ce moment.

Pour en savoir plus, prenez contact avec nous dès aujourd’hui.

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